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Alpes, Himalaya, Andes, Pyrénées, Montagnes Rocheuses...

Photos - Récits de voyages - Topos
August 07

Les Sept Laux, Belledonne, Isère

 

Une belle rando dans un massif très minéral à 1 heure de Chambéry ou Grenoble.

 

Départ: Fond de France, 1090m

 

Arrivée: Refuge des Sept Laux, 2135m

 

Durée: 2h30 de montée

 

Carte: IGN 3335 ET (1:25000)

 

De Fond de France, le sentier traverse une forêt pendant une heure avant que le paysage s’ouvre vers 1600m. De là, deux itinéraires sont possibles, l’un sur le versant nord, l’autre sur le versant sud le long d’une cascade (chemin des deux ruisseaux). L‘itinéraire de droite est un peu plus rapide et moins escarpé, mais en cas d’enneigement, mieux vaut prendre l’autre option.

Après 2h30 d’effort, on atteint le col de la Vieille et immédiatement après le refuge des Sept Laux (2135m), situé au pied du lac Noir dans un décor idyllique!

 

0203

 

Plusieurs options sont alors possibles, avec des paysages magnifiques dans tous les cas, par exemple:

     - explorer les nombreux lacs (lac Noir, lac Carré, lac de la Motte, lac Cottepens, lac Blanc, lac du Cos, lac de la Corne…) jusqu’au col des Sept Laux (2184m).  

     - monter au sommet du Rocher Blanc (2928m): l’itinéraire traverse des pierriers et n’est pas forcément évident, demandez au gardien du refuge qu’il vous explique.

August 06

Yellowstone: voyage sur les traces des premiers trappeurs et explorateurs de l’Ouest américain

 

Juin 2008, me voilà de nouveau sac sur le dos et appareil photo en poche! Cette fois, c’est sur les traces des premiers trappeurs et explorateurs de l’Ouest américain que je décide de m’aventurer. Direction Yellowstone!

  

Bannack: ville fantôme du Far West

 

Avant tout, et histoire de rentrer dans l’ambiance, je fais un détour par Bannack. Bannack est une «ghost town», c'est-à-dire une ville fantôme, qui fut en son heure de gloire la 1ère capitale de l’état du Montana.

L’histoire commence ainsi: le 28 juillet 1862, on découvre de l’or dans Grasshopper Creek (le ruisseau aux sauterelles). S’en suit une ruée vers l’or massive, la situation économique du pays après la guerre de sécession est désastreuse, et beaucoup de laissés pour compte viennent tenter leur chance. Après un voyage périlleux à travers des contrées habitées par les Sioux et autres tribus indiennes hostiles, ils atteignent Bannack et se préparent à passer l’hiver dans des campements de fortune à près de 1800m d’altitude, et plus de 600 km du premier village blanc. Ils nomment le lieu Bannack, en référence aux Indiens Bannack qui régulièrement se donnent rendez vous dans la région. Un an plus tard, Bannack compte déjà 3000 habitants.

Mais quand l’or vient à manquer à la fin des années 30, la population déserte la ville. Depuis 1954, l’état du Montana préserve la ville telle quelle, un lieu figé dans le temps où la vie s’est arrêtée en 1940.

 

Bannack fut abandonnee en 1940 a la fin de la ruee vers l'or... preservee telle quelle par l'etat du MontanaL'ancienne Mairie / Ecole-L'Hotel

 

Yellowstone: un voyage aux origines de la Terre

 

C’est une tout autre ambiance qui m’attend à Yellowstone. Situé à cheval sur les états du Wyoming, du Montana et de l’Idaho, il s’agit du plus grand parc des USA en dehors des parcs nationaux d’Alaska.

Fierté de tous les Américains, le premier parc national du monde fut créé en 1872 afin de préserver les nombreux geysers et sources chaudes qui abondent dans la région. Avec le temps, le parc est naturellement devenu un refuge pour la faune sauvage, si bien que de nos jours on y trouve grizzlis, ours noirs, bisons, loups et cerfs en autres.

 

Un peu d’histoire:

 

La région de Yellowstone était déjà peuplée il y a plus de 11000 ans. Les Amérindiens utilisaient ces terres comme terrain de chasse jusqu'à il y a environ 200 ans, quand les premiers Blancs sont arrivés. Quand les premiers trappeurs, en rentrant à la civilisation, prétendirent avoir vu de nombreuses sources chaudes et autres geysers, ils ne furent pas pris au sérieux.

 

Fin 1862, Nathaniel Pitt Langford, alors percepteur des impôts, arrive à Bannack. De temps à autres, il entend des rumeurs rapportant l’existence de phénomènes étranges dans la région où les rivières Yellowstone, Snake et Wind prennent leur source. Dès lors, il tente d’aller explorer ces lieux, mais il est à chaque fois contraint de faire demi-tour à cause de dangers insurmontables. Il écrira plus tard: «c’était alors une région habitée uniquement par des bêtes sauvages et des bandes féroces d’Indiens hostiles» (Journal of the Washburn Expedition to the Yellowstone and Firehole Rivers in the Year 1870).

En 1866, il fait la connaissance de James Bridger, découvreur du Grand Lac Salé, et montagnard aguerri. Quand ce dernier lui assure avoir vu «des colonnes d’eau aussi larges que son corps être éjectées de terre plus haut que les sapins», il est convaincu.

 

Langford organise deux expéditions successives en 1867 et 1868, mais il est à chaque fois repoussé par les Indiens Crow dans le massif des monts Gallatin. L’année suivante (1869), une troisième expédition doit renoncer dû à l’hostilité des Indiens. Parmi les membres de cette expédition, David E. Folsom réalise que seul un petit groupe de personnes doit être organisé. Il continue donc seul en compagnie de C.W. Cook et de Mr Peterson, et parvient à atteindre le Grand Canyon de la Yellowstone et le lac Yellowstone, et enfin le bassin de geysers. Relatant sa découverte d’un geyser en action, il écrit: «l’eau fut éjectée en l’air au moins 80 pieds, ce qui nous força à nous refugier sur les hauteurs». Mais quand il envoie un compte rendu de son expédition dans le «Western Monthly of Chicago», il est censuré.

 

En 1870, l’expédition commandée par le général Henry D. Washburn est un succès. Longford rapporte que l’idée de créer un parc national fut proposée par Mr. Hedges le 19 septembre 1870, alors que les membres de l’expédition campaient à la confluence des rivières Firehole et Gibbon. Plusieurs d’entre eux étaient en train de se chamailler sur le meilleur moyen de tirer profit des merveilles de Yellowstone, quand Hedges suggéra que cette région devrait être mise à part et protégée pour le plaisir de tous. Washburn leur apprend alors que Folsom avait déjà suggéré cette idée avant même le départ de l’expédition.

Moins de deux ans plus tard, le président Ulysse S. Grant signait la création du Parc National de Yellowstone.

 

Un super volcan sous les pieds:

 

Yellowstone est un site unique au monde puisqu’il n’existe nulle part ailleurs une telle concentration de geysers, fumerolles, et sources chaudes. Ceci est dû au fait que Yellowstone est en fait un super volcan dont la caldera mesure 70 km de long et 30 de large! Pourtant Yellowstone est essentiellement un plateau situé à 2300m d’altitude. En fait, ne cherchez pas de cône volcanique, il n’y en a point. Si bien que jusque dans les années 60, les scientifiques pensaient qu'il s'agissait d'un site hydrothermal similaire à ceux que l’on trouve en Islande mais sans être associé à un volcan. C’est grâce à la NASA, qui avait choisit Yellowstone pour tester un prototype de caméra aérienne infrarouge destinée à l'exploration de la Lune, que l’immense caldera fut reconnue.

 

Depuis on sait que la chambre magmatique située immédiatement sous la caldera mesure de 40 à 50 km de long pour 20 à 30 km de large et une épaisseur d’une dizaine de km. Les multiples geysers, fumerolles et sources chaudes ne représentent en fait que des minuscules fissures par où l’excès de pression provoqué par cette cavité de magma s’échappe.

 

La dernière éruption de ce super volcan remonte à 640000 ans. Les cendres volcaniques ont alors couvert plus de la moitié de la surface des Etats-Unis. En fait il semble que l’activité de ce volcan soit cyclique puisque les deux précédentes éruptions sont datées de 1.3 et 2 millions d’années, ce qui laisse penser qu’il y aurait une «grosse» éruption tous les 600000 ans environ. Vous aurez compris comme moi que la prochaine ne devrait donc pas tarder! Sachant que l’éruption la plus puissante du super volcan a complètement pulvérisé la chaine de montagnes située entre le Mont Washburn et le Mont Sheridan (soit une distance d’une soixantaine de km), il ne fera pas bon être dans le coin!

 

Canary Spring... et meurentGrand Prismatic SpringIl ejecte 14 a 32m3 d'eau a chaque fois!Source bleu turquoise, magnifique!C'est le plus haut geyser previsible du monde!

 

Toba, le super volcan qui a failli nous éliminer:

 

L’éruption la plus récente d’un super volcan est celle de Toba il y a 73000 ans. Situé sur l’ile de Sumatra en Indonésie, et d’un diamètre de 90 km, il explosa avec une énergie inimaginable (supérieure à plusieurs dizaines de millier de bombes Hiroshima réunies) et éjecta un volume estimé à 2800 km3 de cendres et matière pyroclastique, si bien que l’humanité faillit ne pas s’en remettre. En effet, des scientifiques (l’anthropologue Stanley H. Ambrose de l’Université de l’Illinois et le volcanologue australien Ray Cas en particulier) ont récemment émis l’hypothèse que cette éruption gigantesque serait à l’origine de la faible diversité du patrimoine génétique de l’Humanité. En effet, en étudiant l’ADN mitochondrial, les scientifiques estiment qu’entre 50000 et 100000 ans, la population humaine à été réduite à un nombre inférieur à 10000 individus.

 

Outre l’énorme tsunami qui a immédiatement suivi l’explosion de Toba, l’énorme quantité de cendres volcaniques rejetée à plus d’une trentaine de km dans la stratosphère aurait causé un hiver continu pendant 6 ans, suivi d’un âge glaciaire de 1000 ans. L’étude de carottes glaciaires démontre que ces 1000 ans constituent la période la plus froide que la Terre ait connu depuis le début du Pléistocène il y a 1,8 millions d’années. La température aurait baissé de 12 degrés de l’Europe jusqu’en Chine, provoquant la disparition totale des populations de ces régions. Les survivants ont surement trouvé refuge dans des lieux confinés au climat tropical, probablement en Afrique équatoriale. On peut donc vraiment dire qu’on revient de loin!

 

La faune sauvage:

 

Yellowstone est un paradis pour les amoureux de la vie sauvage. Au crépuscule, des dizaines de photographes amateurs prennent d’assaut les parkings le long de la route dans la vallée de la Lamar, avec espoir d’apercevoir des loups ou un grizzli dévaler la pente d’en face. Mais pour observer des animaux moins farouches, nul besoin de quitter la voiture! En effet les bisons se baladent régulièrement sur la route ou à proximité, les cerfs et chevreuils ne sont jamais loin, les élans sont facilement repérés dans les zones marécageuses, les antilopes se promènent parmi les troupeaux de bisons, et les renards et autres coyotes descendent parfois jusqu’aux campings!

 

Troupeaux de bisons dans la Lamar ValleyAntilopesLower Falls vue du fond du canyonLower Falls vue depuis Artist PointUne autre source

 

Les phénomènes hydrothermaux:

 

L’attraction majeure du parc est le célèbre geyser Old Faithful qui entre en éruption à intervalles réguliers de 92 min. A voir tôt en matinée ou juste avant le coucher du soleil pour éviter la foule, et profiter de la belle lumière. Bien qu’étant le plus connu, ce n’est pourtant pas le plus impressionnant. Les geysers Grand et Great Fountain le surpassent en beauté mais il faut être patient car ils n’entrent en éruption qu’une à deux fois par jours.

De nombreuses sources chaudes se trouvent aussi dans le secteur, de vrais bijoux aux couleurs invraisemblables, du bleu turquoise au rouge en passant par le vert. En fait différents organismes appelés «thermophiles» vivent dans ces sources, et selon la température de l’eau, donnent aux sources une couleur différente.

 

A l’extrémité nord du parc, il faut absolument visiter Mammoth Hot Springs. Il s’agit d’un des meilleurs exemples au monde de travertins déposés par des sources. L’eau de pluie et de fonte des neiges chargée en gaz carbonique s’infiltre profondément dans la roche, et en se réchauffant à proximité de la chambre magmatique, devient légèrement acide. En regagnant la surface, cette eau dissout le calcaire environnant et les résurgences déposent le carbonate de calcium en travertins.

 

Le Grand Canyon de la Yellowstone offre un autre spectacle de toute beauté. Plusieurs sentiers mènent à des points de vue exceptionnels sur le canyon et ses deux impressionnantes cascades: Upper Falls qui chute de 33m, et Lower Falls qui avec ses 93m surpasse en hauteur les chutes du Niagara.

Il y a 484000 ans, une coulée de lave (rhyolite) recouvra la région. L’activité hydrothermale a par la suite largement altéré la rhyolite qui est devenue plus tendre. L’eau s’est alors mise à éroder ces roches plus tendres, et a fini par creuser un canyon haut de plus de 300m. Lower Falls se situe à un endroit où la rhyolite n’a pas été altérée et est donc plus résistante.

 

On peut aisément passer des semaines à Yellowstone, tellement il y a à voir: des volcans de boue, une multitude de lacs dont l’immense lac Yellowstone (le plus grand lac d’altitude des Etats-Unis), les arbres fossilisés prés de Tower Falls, le Black Canyon de la Yellowstone en aval du Grand Canyon, les sommets des Monts Washburn et Sheridan qui offrent une vue imprenable sur l’ensemble du parc…, le tout dans une terre sauvage. Un voyage aux origines de la Terre en somme!

 

August 05

Col de la Gypière, Alpes de Haute Provence

 

Très belle rando qui mène au pied des hauts sommets du massif de l’Ubaye (Brec et Aiguille de Chambeyron), et jusqu’à la frontière italienne.

 

J’ai eu l’occasion de faire cette rando à deux reprises: une première fois dans une ambiance estivale début octobre 2002, puis de nouveau en novembre 2007 juste après les premières chutes de neige.

 

Départ & arrivée: parking à l’entrée du hameau de Fouillouse (1911m d’altitude) dans la haute vallée de l’Ubaye, Alpes de Haute Provence.

 

Point culminant: col de la Gypière, 2948m.

 

Durée: 6h A/R avec des pauses pour profiter des lacs et du superbe panorama!

 

Carte: IGN 3538 ET (1: 25000)

 

De Fouillouse, suivre le sentier qui mène au refuge de Chambeyron, que l’on atteint après 2h d’effort. Le refuge se situe à 2626m et surplombe le lac Premier, au pied du Brec de Chambeyron (3389m).

Du refuge, prendre le sentier de gauche qui longe le lac Long et quelques autres petits lacs, avant d’atteindre le lac des Neufs Couleurs. Situé au pied de l’Aiguille de Chambeyron, qui avec ses 3412m est le plus haut sommet des Alpes de Haute Provence, ce lac est d’une couleur émeraude magnifique en été, mais en novembre il était déjà en bonne partie gelé.

 

Col de la Gypiere, frontiere avec l'ItalieVue sur l'ItalieMes traces dans la neige!

 

Depuis le lac des Neuf Couleurs, le col est bien visible et est rapidement atteint. Le col de la Gypière (2948m) est situé sur la crête qui délimite le partage des eaux entre la plaine du Po et la vallée du Rhône. Pour les plus courageux, il est possible de faire l’ascension de la tête de la Fréma (3151m) depuis le col. En 2002, j’étais partie trop tard de Fouillouse, et en novembre 2007 il y avait déjà pas mal de neige et je n’étais pas équipée. La descente s’effectue par le même itinéraire.

 

Col et Pic de Madamète, Haute Pyrénées

 

Ce topo décrit une longue rando en boucle dans la réserve naturelle du Néouvielle avec comme point culminant le pic de Madamète à 2657m: montée par le vallon d'Aigues Cluses et descente par le lac Dets Coubous.

 

Départ & arrivée: parking de la station de ski de Barèges à 1452m (Hautes Pyrénées).

 

Point culminant: Pic de Madamète à 2657m.

 

Durée: 7 à 8h A/R avec les pauses pour profiter des marmottes! Rando effectuée début mai 2008 en raquettes.

 

Du parking, suivre la route montant au col du Tourmalet (fermée à cette saison) jusqu'au pont de la Gaubie (1538m). Suivre ensuite le GR10 en direction de la cabane d’Aigues Cluses.

Une fois arrivé à 1741m, continuer sur la gauche dans le vallon d’Aigues Cluses et ignorer le chemin sur la droite qui permet de rejoindre la Hourquette d’Aubert (c’est par là que s’effectuera la descente).

Après 2h15 de marche, la cabane d’Aigues Cluses est en vue. Poursuivre la montée en direction du col de Madamète que l’on commence à apercevoir une centaine de mètres plus haut. Plusieurs lacs encore gelés à cette époque se trouvent au pied du col que l’on atteint à 2509m. La vue sur les hauts sommets marquants la frontière avec l’Espagne est à couper le souffle, de même que celle sur le pic du Néouvielle tout près.

Du col, 30 à 45 min d’efforts supplémentaires vous mèneront au sommet du pic de Madamète. La pente est par endroit assez raide (45 degrés environ) et mon piolet m’a été bien utile. Du sommet, vue extraordinaire sur toute la chaine et sur l’itinéraire de descente par la Hourquette d’Aubert qui se laisse deviner sans problème.

 

Le col a 2509mVue depuis le pic de Madamete a 2656mDescente par la Hourquette d'AubertDescente vers le barrage de Dets Coubous

 

Longer la crête en direction de l’Ouest sur quelques mètres, puis descendre parmi des cailloux plus ou moins stables jusqu'à la pente de neige, raide au début (là encore mon piolet m’a bien servi!), mais qui s’assagit ensuite. Le reste de la descente parmi les lacs jusqu’au barrage de Dets Coubous est un réel plaisir dans un décor grandiose!

Du barrage, descendre la pente raide jusqu'à la bifurcation à 1741m, et rejoindre le pont de la Gaubie et le parking.

 

August 03

Eric Bourret: Hun-Tun, Montagne au carré etc…

 

Eric Bourret est un artiste photographe de talent avec qui j’ai eu la chance de partager plus de trois ans de ma vie. Son œil aiguisé et son extrême sensibilité lui permettent de déceler l’énergie enfouie en toute chose. Son travail consiste à capter cette énergie sur images, mais d’une manière qui perturbe le regard. Ainsi le sujet qui découvre ses oeuvres se sent perdu, et peine à trouver ses repères.

 

Il s’est particulièrement intéressé aux paysages naturels en montagne, aux paysages archéologiques du Moyen-Orient, et plus récemment aux lieux de culte d’Asie (monastères bouddhistes en particulier). Si vous aimez la belle photo, je vous conseille de visiter son site: www.ericbourret.com

 

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Sa dernière exposition, intitulée Hun-Tun (en référence au chaos originel évoqué dans l’antiquité chinoise) est visible en ce moment au Musée d’Art Moderne et d'Art Contemporain de Nice, jusqu’au 8 septembre 2008. Ci-dessous un extrait de la critique:

 

« Avec obstination, Eric Bourret parcours les paysages naturels pour capter les possibilités plastiques de la puissance tellurique qui s'en dégage. C'est cet idéal qui guide sa photographie. Son immersion dans la nature forge le cadre de ses prises de vue. Le résultat de son implication physique vis-à-vis des éléments implique une image singulière qu'il considère comme des sculptures mentales.

Pour un même sujet, Eric Bourret déclenche du même point de vue six ou neuf prises qu'il superpose manuellement pour obtenir la photographie finale. Les prises de vues peuvent être espacées de plusieurs minutes. Il obtient ainsi une oscillation du sujet photographié et, d'autre part, la saisie qui en résulte capte simultanément l'échelle temporelle humaine et géologique.

 

La sensation solide ou fluctuante des territoires arpentés tend à désigner le champ d'investigation comme un espace en permanente mutation. Ce mode opératoire lui permet de se concentrer sur la saisie d'une nature envisagée comme un corps vibratoire. Cet aléatoire provoque une tension qui évacue la saisie photographique comme acte prémédité et brouille les données perceptives pour ouvrir l'horizon aux interprétations métaphysiques.»

 

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Ces quelques années passées avec lui à parcourir les sentiers des Alpes, de l’Himalaya, ou plus simplement de la Sainte Baume et Sainte Victoire qui lui sont chères, m’ont beaucoup marquée. Merci à l’homme de s’être attarder quelque temps avec moi, et merci à l’artiste de m’avoir initiée à un univers qui m’était jusqu’alors inconnu.

 

GR 54 – Tour de l’Oisans et des Ecrins

 

Le GR 54 figure parmi les GR les plus difficiles d’Europe (le plus difficile étant sûrement le GR 20 en Corse). Long de 176 km, il contourne le massif de l’Oisans et des Ecrins à travers les départements de l’Isère et des Hautes Alpes.

J’ai effectué ce trek en solo et en tente fin juin, début juillet 2005, j’ai eu de la chance car il n’est pas rare qu’à cette époque de larges névés bloquent encore l’accès aux cols les plus hauts (col de l’Aup Martin et col de la Muzelle en particulier).

 

Départ & arrivée: La Grave à 1474m sur la route Grenoble – Briançon (traditionnellement, le départ se fait de Bourg d’Oisans).

 

Point culminant: Col de l’Aup Martin à 2761m.

 

Durée: 10 à 12 jours. Je n’ai pas fait les 2 derniers jours (de Bourg d’Oisans à La Grave) par manque de temps, et aussi parce que je m’étais fait une bonne entorse à la cheville.

 

Dénivelée: 12800m positifs sur la totalité du trek, et 14 cols traversés!

 

Carte / Topo: Carte 1/50 000 Ecrins, Oisans, Cerces de chez Didier RICHARD (je ne crois pas qu’elle soit toujours publiée) et le guide de la FFRP Tour de l’Oisans et des Ecrins (très utile pour savoir où se ravitailler etc.)

 

Description: Le GR54 traverse une des régions les plus spectaculaires des Alpes. En une douzaine de jours, il parcourt 176 km et grimpe plus de 12800m pour traverser une série de cols séparant de profondes vallées. Les paysages sont très variés, et de nombreux villages et hameaux ne font qu’enrichir l’expérience du trekkeur. Il est possible de bivouaquer tout le long (ce que j’ai fait), ou bien de dormir dans des hôtels ou gites, et dans les refuges.

L’itinéraire décrit ci-dessous suit le parcourt que j’ai moi-même effectué et n’est qu’un exemple. Il est en effet souvent possible de faire des variantes, ou bien de rallonger ou raccourcir les étapes.

   

1er jour: La Grave au Casset par le col d'Arsine. Durée 8h.

Longue journée (une bonne vingtaine de km) au départ de la Grave à 1474m, jusqu’au col d’Arsine à 2340m et descente au Casset à 1512m.

De la Grave, prendre le sentier en contrebas de la route qui permet de rejoindre le village de Villar d’Arêne. De là, descendre sur les rives de la Romanche et suivre le GR en direction du refuge de l’Alpe de Villar d’Arêne (2077m). Poursuivre en direction du col d’Arsine que l’on atteint après 5 bonnes heures de marches. Ne pas hésiter à faire un détour jusqu’au lac d’Arsine une centaine de mètres au dessus du col. Un bon chemin remonte la moraine jusqu’au cirque glaciaire formé par les crêtes du Pic de Neige Cordier et la Montagne des Agneaux.

Le GR descend ensuite le long de la vallée de la Guisane en passant par le Lac de la Douche (1901m), avec le glacier suspendu du Casset au dessus.

J’ai bivouaqué à la sortie de la forêt juste au dessus du village du Casset, le long du ruisseau.

 

Lac et glacier d'ArsineDescente dans la vallée de la GuisaneDescente vers Monetiers les Bains

 

2ème jour: Le Casset à Vallouise par le col de l'Eychauda. Durée 8h.

Une deuxième longue journée (environ 25km) jusqu’à Vallouise en passant par le col de l’Eychauda à 2425m.

Du Casset, continuer sur Monêtier les Bains que l’on atteint en 1h. De là, attaquer la longue montée vers le col (qui contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser n’est pas le col situé au dessus du lac de l’Eychauda) où l’on retrouve les remontées mécaniques de la station de Serre-Chevalier. La descente est raide et longue sur Vallouise et les derniers km sont pénibles car sur la route (mais j’ai pu les éviter en faisant su stop!).

Nuit au camping à Vallouise (1200m d’altitude).

 

3ème jour: Vallouise au refuge du Pré de la Chaumette par le col de l'Aup Martin et le Pas des Cavales. Durée 10h.

Pour ne pas changer, encore une longue journée (environ 25km)! Petite astuce, pour éviter les premiers km sur la route, il y a généralement une navette qui part tous les matins vers 7h30 et vous conduit jusqu'au terminus à Entre les Aygues (1604m).

Cette étape traverse deux cols successifs à plus de 2700m d’altitude, au milieu de nulle part! Les derniers mètres avant d’atteindre le col de l’Aup Martin à 2761m sont raides dans une pente schisteuse qui peut s’avérer glissante par temps de pluie. C’est l’un des passages les plus alpins du GR. Bâtons recommandés, et en cas de névé, piolet indispensable. La traversée sur le Pas des Cavales à 2735m est courte, et la descente sur le refuge du Pré de la Chaumette (1800m), bien que raide, est magnifique.

Bivouac sur le replat au dessus du refuge.

 

Les schistes du col de l'Aup MartinVue depuis le col de l'Aup MartinLe Pas de la Cavale à 2735m

 

4ème jour: Refuge du Pré de la Chaumette au refuge de Vallonpierre par les col de la Valette, de Gouiran, et de Vallonpierre. Durée 6h30.

Bon, je me répète, mais oui, c’est encore une longue journée! Au programme aujourd’hui, pas moins de trois cols: col de la Vallette (2668m), col de Gouiran (2597m) et col de Vallonpierre (2620m). Ce dernier est tellement étroit qu’on peut même s’asseoir à cheval dessus, avec les pieds de chaque côté du col!

Comme pour le col de l’Aup Martin, ces trois cols sont composés de pentes schisteuses pouvant devenir extrêmement glissantes par temps pluvieux.

Bivouac à proximité du refuge et du lac de Vallonpierre (2271m). Faire attention cependant, les renards ont l’habitude de fréquenter l’endroit en quête de nourriture.

 

Montée au col de la ValettePaysage entre le col de la Valette et le col de GouiranLe col de Vallonpierre à 2620m

 

5ème jour: Refuge de Vallonpierre à Villar-Loubière par le refuge de Chabournéou. Durée 6h.

Descente dans la Vallée du Valgaudemar en passant sous les raides glaciers du Sirac par le refuge de Chabournéou (1998m). Il est possible de descendre de façon plus directe à partir de Vallonpierre, mais je pense que le détour vaut le coup.

On rejoint alors la route qui descend vers la Chapelle en Valgaudemar. Là encore j’ai fait du stop pour éviter le bitume et raccourcir la journée!

Nuit au camping à Villar-Loubière (1017m).

 

6ème jour: Villar-Loubière au refuge des Souffles. Durée 3h30.

Réveil sous la pluie ce matin. Pas motivée, je reste dans mon duvet jusqu'à midi (ça fait du bien une grasse mat de temps en temps!). Finalement le temps se dégage et je décide de monter au refuge des Souffles (1975m). Quand j’arrive c’est le grand ciel bleu et j’ai le droit à un coucher de soleil magnifique depuis mon bivouac!

 

7ème jour: Refuge des Souffles au Désert en Valjouffrey par le col de la Vaurze. Durée 5h.

Montée jusqu’au Col de la Vaurze à 2490m. Certains passages exposés sont équipés de câbles. Du col, la descente jusqu’au hameau du Désert en Valjouffrey à 1260m est raide (c’est le moins qu’on puisse dire!) et parait interminable. On en voit déjà les toits depuis le col!

La plupart des gens font l’ascension du col de Vaurze en une journée depuis Villar-Loubière.

 

8ème jour: Désert en Valjouffrey à Valsenestre par le col de Côte Belle. Durée 6h30.

Montée au col de Côte Belle (2290m) par de nombreux lacets serrés. Du haut du col, vue sur le col de la Muzelle (qui parait très raide!) au programme du lendemain. Descente agréable jusqu’au hameau de Valsenestre (1294m). Malheureusement, j’arrive sous la pluie! Je fais donc une exception et je dors au gite ce soir (avec un vrai bon repas aussi tant qu’à faire!).

 

9ème jour: Valsenestre au refuge de la Muzelle par le col de la Muzelle. Durée 5h.

Départ sous la pluie pour le col de la Muzelle à 2625m. Mais le temps de monter (et c’est long!), le ciel se dégage et on peut enfin voir le col de Côte Belle en se retournant! La dernière partie avant le col est très raide (pire que le col de l’Aup Martin), là aussi sur des schistes instables, et je suis bien contente d’avoir mes bâtons de marche (car c’est d’autant plus difficile de garder l’équilibre avec le gros sac que je porte!).

Du col, vue splendide sur le lac de Muzelle au dessous et la station des Deux Alpes au loin. Descente rapide à travers des pierriers jusqu’au lac et refuge de la Muzelle à 2130m. J’installe mon bivouac et je vais faire un tour au dessus du refuge, et là je me fais une entorse terrible en marchant entre les touffes d’herbes! Vraiment très con je sais, après tous les cols exposés que je viens de traverser sans problèmes!

 

Vue sur le Sirac depuis le colDescente au refuge de la MuzelleLac de la Muzelle, en arriere plan le colChute d'eau

 

10ème jour: Refuge de la Muzelle à Bourg d'Oisans. Durée 7h.

Ce matin, malgré la crème anti-inflammatoire, ma cheville est énorme! Je descends donc direct sur Venosc. Les 1200m de dénivelée sont un véritable calvaire. Je décide donc de mettre un terme à mon trek et de faire du stop jusqu'à la Grave pour récupérer ma voiture.

Le GR monte normalement au col du Vallon (2541m) avant de d’attaquer la longue descente par le lac Lauvitel (1530m) et la Danchère (992m). J’y suis retournée depuis, et c’est un endroit à ne pas manquer.

 

11ème jour: Bourg d’Oisans à Besse en Oisans par le col de Sarenne. Durée 7h30.

Bien que je n’aie donc pas fait les deux derniers jours de trek, j’en donne ici une description sommaire d’après ce que j’ai pu lire dans mon topo guide.

Depuis Bourg d’Oisans, montée par un sentier raide équipé de main courante qui traverse ensuite une série de petits hameaux. Le GR descend alors dans les gorges boisées de Sarenne, avant de remonter jusqu’au col de Sarenne (1999m). Descente raide dans la vallée du Ferrand, puis remontée jusqu’à Besse en Oisans (1550m).

 

12ème jour: Besse en Oisans à la Grave par le plateau d'Emparis. Durée 7h.

De Besse, le sentier monte au Col Nazié, continue le long de la crête jusqu’au col Bichet à 2245m, puis traverse les pâtures du Plateau d’Emparis jusqu’au col du Souchet (2365m). Vue spectaculaire sur la Meije et ses voisins. Puis longue, et parfois raide, descente jusqu’au village de la Grave (1474m) dans la vallée de la Romanche